La prospection à froid ne fonctionne que si vos messages arrivent dans la boîte de réception. La délivrabilité repose sur la confiance : les fournisseurs d’email privilégient les expéditeurs authentifiés qui envoient leurs emails de façon régulière et suscitent des interactions positives. À l’inverse, ils pénalisent tout ce qui leur paraît risqué ou trompeur.
Ce guide vous présente les principes essentiels et les techniques concrètes pour protéger votre réputation d’expéditeur, limiter le classement en spam et développer votre prospection sans compromettre votre délivrabilité.
Pourquoi c’est important
Si vos emails arrivent dans les spams ou sont bloqués, la qualité de vos messages et de votre ciblage n’y change rien : vous ne recevrez tout simplement pas de réponses. De mauvaises pratiques d’envoi peuvent nuire à la réputation de votre domaine et rendre vos prochaines campagnes moins efficaces, même si vous corrigez le contenu par la suite.
Une bonne délivrabilité améliore aussi l’efficacité de vos actions commerciales : plus d’emails en boîte de réception, c’est plus d’ouvertures, plus de réponses et une vision plus claire des messages qui fonctionnent vraiment.
Les principes à garder en tête
Principe 1 : la confiance se construit avec l’authentification et la régularité. Les fournisseurs d’email veulent vérifier votre identité (authentification) et s’assurer que vos pratiques sont prévisibles (rythme d’envoi et infrastructure stables).
Principe 2 : séparer les types de messages protège votre réputation. Mélanger des messages très différents (emails transactionnels, promotionnels et de prospection à froid) complique leur classement par les fournisseurs d’email et peut augmenter les signalements de spam.
Principe 3 : les interactions positives protègent votre délivrabilité sur la durée. Quand les destinataires répondent, déplacent un email vers la boîte de réception ou indiquent qu’il ne s’agit pas d’un spam, les filtres apprennent que vos emails sont bienvenus.
Principe 4 : les raccourcis nuisent durablement à votre réputation. Les listes achetées, l’usurpation d’identité et les inscriptions forcées peuvent sembler offrir des résultats rapides. Pourtant, ces pratiques augmentent généralement les signalements de spam et les bounces, deux des facteurs qui dégradent le plus vite la délivrabilité.
Les techniques essentielles
Technique 1 : authentifier vos emails (SPF + DKIM)
Quand l’appliquer : toujours, avant tout envoi à grande échelle depuis un domaine utilisé pour la prospection.
Comment faire : ajoutez des enregistrements DNS SPF et DKIM pour que les fournisseurs d’email puissent vérifier quels serveurs sont autorisés à envoyer des emails pour votre domaine et valider la signature des messages.
Pourquoi c’est efficace : l’authentification réduit les soupçons d’usurpation d’identité et renforce la confiance des fournisseurs d’email, ce qui favorise l’arrivée en boîte de réception.
À lire : Configurer les enregistrements DNS pour améliorer la délivrabilité de vos emails : le guide complet
Technique 2 : conserver les mêmes adresses IP d’envoi
Quand l’appliquer : lorsque vous avez la main sur l’infrastructure d’envoi, ou si la configuration de votre fournisseur peut faire varier les adresses IP utilisées.
Comment faire : dans l’idéal, envoyez vos emails depuis la même adresse IP. Si vous devez en utiliser plusieurs, attribuez une adresse IP par type de message (par exemple : une pour les notifications produit, une pour les newsletters promotionnelles et une pour la prospection à froid).
Pourquoi c’est efficace : en gardant les mêmes adresses IP d’envoi, vous construisez une réputation d’expéditeur stable. Séparer les types de messages évite, par exemple, que des envois promotionnels massifs nuisent aux emails transactionnels essentiels.
Technique 3 : veiller à la qualité de vos listes et au consentement des destinataires
Quand l’appliquer : avant chaque campagne et à chaque changement de source de prospects.
Comment faire : évitez les listes achetées et, lorsque c’est pertinent, recueillez le consentement de façon claire. Ne vous appuyez pas sur des formulaires qui présument le consentement ou utilisent des cases précochées.
Pourquoi c’est efficace : les destinataires qui ne s’attendaient pas à recevoir votre email risquent davantage de l’ignorer ou de le signaler comme spam, ce qui nuit à votre réputation d’expéditeur et réduit les chances que vos prochains emails arrivent en boîte de réception.
Technique 4 : favoriser les interactions positives
Quand l’appliquer : si vos emails arrivent en spam, si vos taux de réponse sont faibles ou si des destinataires vous disent ne pas avoir vu vos précédents emails.
Comment faire : invitez les destinataires concernés à utiliser l’option non spam si vos messages ont été filtrés à tort, et à y répondre lorsque c’est pertinent.
Pourquoi c’est efficace : les filtres de messagerie s’appuient fortement sur les actions des destinataires pour apprendre à classer les emails. Ces actions peuvent améliorer l’arrivée de vos emails en boîte de réception au fil du temps.
Situations fréquentes et solutions
Cas 1 : « Votre email est arrivé dans mes spams. »
Ce qui se passe : le fournisseur d’email a des doutes sur la réputation de votre domaine ou de votre adresse IP, ou la boîte mail du destinataire applique des filtres stricts.
Que faire : demandez-lui d’utiliser l’option non spam, puis de répondre au message, même brièvement. Cela aide sa messagerie à mieux classer vos prochains messages.
Exemple de réponse : « Merci de me l’avoir signalé. Pourriez-vous utiliser l’option “Not spam” pour que mon prochain message arrive bien dans votre boîte de réception ? Merci beaucoup. »Cas 2 : « Les emails transactionnels passent, mais ceux de prospection sont filtrés. »
Ce qui se passe : chaque type de contenu peut avoir sa propre réputation, surtout si les envois partagent le même domaine ou la même adresse IP et que l’un des flux génère des signalements de spam.
Que faire : Séparez les flux par type de message et, si possible, par adresse IP. Gérez séparément la prospection à froid et les emails transactionnels.Cas 3 : « Nous avons changé de fournisseur ou d’infrastructure et notre délivrabilité a baissé. »
Ce qui se passe : les fournisseurs d’email repèrent des changements dans vos envois (nouvelles adresses IP, nouveau mode de signature, acheminement différent) et réévaluent la confiance qu’ils vous accordent.
Que faire : vérifiez de nouveau SPF et DKIM, puis reprenez des pratiques d’envoi stables. Évitez les hausses brutales de volume et continuez à séparer les types de messages.
Les erreurs à éviter
Erreur : mélanger les emails promotionnels et transactionnels.
Pourquoi c’est un problème : cela perturbe les systèmes de filtrage et expose les emails essentiels aux risques des flux qui génèrent davantage de signalements de spam.
La bonne pratique : Séparez les flux et gardez le même objectif pour tous les messages d’un même flux.Erreur : usurper un nom de domaine ou l’identité d’un expéditeur.
Pourquoi c’est un problème : cela compromet gravement la confiance et peut entraîner des blocages ainsi qu’une dégradation de votre réputation.
La bonne pratique : configurez correctement l’authentification et envoyez vos emails uniquement depuis des domaines que vous contrôlez.Erreur : signaler les messages internes comme spam.
Pourquoi c’est un problème : les filtres apprennent alors que les emails de votre domaine sont indésirables, même au sein de votre propre entreprise.
La bonne pratique : si nécessaire, utilisez l’option « non spam » et déplacez les messages vers la boîte de réception.Erreur : acheter des listes d’adresses email.
Pourquoi c’est un problème : le manque de pertinence augmente les signalements de spam et dégrade rapidement votre réputation.
La bonne pratique : Constituez des listes ciblées et privilégiez la pertinence ainsi que les signaux d’intention.Erreur : utiliser des formulaires avec un consentement présumé ou des cases précochées.
Pourquoi c’est un problème : ces formulaires peuvent enfreindre la réglementation locale et génèrent souvent des contacts qui n’interagissent pas avec vos emails.
La bonne pratique : Recueillez le consentement de façon claire et explicite.
Passez à la pratique
Exercice 1 : les vérifications de base pour la délivrabilité. Avant de lancer une campagne, vérifiez que SPF et DKIM sont bien en place et que vous ne mélangez pas plusieurs types de messages dans un même flux d’envoi.
Exercice 2 : cartographier vos flux d’envoi. Listez tous les types d’emails que vous envoyez (emails transactionnels, newsletters, prospection à froid), puis définissez pour chacun le domaine, l’adresse IP et le fournisseur à utiliser, afin qu’un flux ne puisse pas nuire aux autres.
Exercice 3 : préparer un message en cas d’arrivée en spam. Rédigez un message court et poli pour demander à un destinataire de confiance d’utiliser l’option « non spam » si nécessaire. Gardez-le prêt à l’emploi pour les cas où vos emails arrivent en spam.
Comment lemlist vous accompagne
Une prospection bien organisée. lemlist vous aide à suivre la même méthode d’une campagne de prospection à l’autre et à séparer plus facilement la prospection à froid des autres flux d’emails essentiels à votre activité.
Des habitudes durables. Associez ces bonnes pratiques à une routine à suivre avant chaque lancement pour garder la même méthode de prospection au fil du temps.
À consulter : Délivrabilité des emails : les points à vérifier
Suivre les résultats
Taux de classement en spam (observations et retours). Notez à quelle fréquence vos prospects vous disent avoir trouvé votre email dans leurs spams, puis observez si cette fréquence diminue après la mise en place de l’authentification et la séparation des flux.
Stabilité du taux de réponse. Lorsque la délivrabilité s’améliore, les taux de réponse sont généralement plus stables pour des publics et des campagnes comparables.
Signaux de mécontentement. La baisse des signalements comme spam et des réponses négatives (« arrêtez de me spammer ») s’accompagne généralement d’un meilleur taux d’arrivée en boîte de réception.
Exemples concrets
Exemple 1 : éviter un filtrage inutile grâce à l’authentification. Une équipe a commencé à prospecter depuis un nouveau domaine, sans DKIM. Les taux de réponse variaient et plusieurs prospects ont signalé que les emails arrivaient en spam. L’équipe a ajouté SPF et DKIM et gardé un flux d’envoi stable pour sa prospection. Ces retours ont ensuite diminué et les taux de réponse se sont stabilisés.
Exemple 2 : séparer les types de messages protège les emails essentiels. Une entreprise utilisait le même flux pour ses notifications produit et ses envois promotionnels massifs. Lors d’une campagne promotionnelle, les signalements de spam ont augmenté et certaines notifications ont commencé à arriver en spam. L’entreprise a séparé les flux par type de message, et la délivrabilité des notifications s’est rétablie.
L’essentiel à retenir
Authentifiez vos emails : SPF et DKIM doivent être configurés et vérifiés.
Gardez les mêmes IP : privilégiez une seule adresse IP. Si vous en utilisez plusieurs, attribuez-en une par type de message.
Ne mélangez pas les envois : séparez les flux promotionnels des flux transactionnels.
Évitez les raccourcis : pas d’usurpation d’identité, pas de listes achetées, pas de consentement présumé ni de cases précochées.
En cas d’arrivée en spam : demandez aux destinataires d’utiliser l’option « non spam » et de répondre pour aider les filtres à reconnaître vos emails.
Que faire si vos emails sont signalés comme spam ?
Même en suivant ces bonnes pratiques, certains emails légitimes peuvent encore arriver en spam. Si un destinataire vous le signale, demandez-lui de :
utiliser l’option non spam pour votre email (ou le déplacer vers la boîte de réception) et répondre au message.
Ces actions aident son fournisseur d’email à comprendre que les emails de votre domaine sont légitimes et qu’ils doivent, à l’avenir, arriver dans la boîte de réception.
